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1.
je suis dans un espace sombre comme la nuit. soudain, quelqu'un m'enlace. des bras longent mes flancs et se referment sur ma poitrine. je me réveille en sursaut. je me rendors. à un moment, je suis assis dans une flaque d'eau, et comme un gamin je mouline des bras pour expulser de l'eau sur T., assise sur un banc, qui déguerpit aussi sec. je me lève. je prends une ruelle qui mène au boulevard. soudain, un tram fait un écart et décrit une courbe sur le trottoire, sans dégommer personne. je l'évite. et je tombe sur B., mais est-ce B. ? elle est vêtue d'orange. non, ce n'est pas B. elle marche dans la direction inverse, je la suis du regard, elle s'arrête à un montant. je m'approche lentement. je ne crois décidément pas que ce soit B., mais ma fascination n'en décroît pas pour autant. le réveil sonne, il est presque 10h.
2.
comme chez duteurtre (la petite fille et la cigarette) et chez kundera (le livre du rire et de l'oubli, sixième partie, tamina et l'île aux enfants), je décèle chez houellebecq (la possibilité d'une île) le constat d'une société qui prend de plus en plus l'enfant pour modèle. kundera, dans l'art du roman, parle de "l'idéal de l'enfance imposé à l'humanité", sous l'article "infantocratie". duteurtre, dans son roman d'anticipation légère, où les bureaux de la municipalité d'une ville accueillent simultanément la garderie et l'école primaire, décrit ainsi ce phénomène : "un jour, les adultes ont commencé à vouloir se rapprocher de l'enfance", afin de "retrouver l'enfant qui se cache en eux" ; ainsi, "l'enfance est devenue le rêve de la société".
de la même manière, houellebecq nous parle d'un "monde de kids définitifs". je cite, entre autres exemples : "20 ans, par exemple, était surtout acheté par des filles de quinze, seize ans qui voulaient paraître affranchies sur tout, en particulier sur le sexe ; avec Lolita, il voulait opérer le décalage inverse. "Notre cible commence à dix ans... dit-il ; mais il n'y a pas de limite supérieure." Son pari, c'était que, de plus en plus, les mères tendraient à copier leurs filles. Il y a évidemment un certain ridicule pour une femme de trente ans à acheter un magazine appelé Lolita ; mais pas davantage qu'un top moulant, ou un mini-short. Son pari, c'était que le sentiment du ridicule, qui avait été si vif chez les femmes, en particulier chez les femmes françaises, allait peu à peu disparaître au profit de la fascination pure pour une jeunesse sans limites."
3.
j'ai éteint la télé. depuis un moment, mes yeux pataugeaient mollement dans leur orbite et j'avais l'esprit sur un autre sillon. l'image s'est résorbée et ce n'était pas pire, finalement. de blow up je me souviens principalement du vent. sur le moment, je n'avais pas aimé, mais j'y ai beaucoup repensé et ce film me fascine encore. l'avventura, c'était aussi le vent, leitmotiv sublimement ennuyeux au même titre que le film - mais je n'irai pas jusqu'à dire qu'icelui est sublime. les fondus enchaînés ne font pas sens. j'ai une grande fascination pour les fondus enchaînés. il en est des superbes : chez lynch : sailor et lula (flamme du briquet / traits blancs de la route qui défile) ; mulholland drive (betty rêveuse / le ciel bleu et les palmiers de hollywood). le fondu enchaîné est une figure de style magnifique. dans l'avventura, j'en ai aimé un, où à un plan se substituait une image composée ainsi : coupez l'image en quatre ; dans le quart haut-droite, vous avez le ciel (blanc) ; bas-droite, la mer (gris) ; toute la gauche est occupée par une falaise. aussi l'image apparaît bout par bout ; d'abord le ciel, clair, puis la mer, grise, et enfin la falaise sombre ; trajectoire qui évoque celle d'un cadran ; le temps passe.
4.
(j'ai honte, je fais du recyclage. très vieux texte. écrit en deux mille trois. c'est très mauvais, tout ce que j'écrivais, c'est de la merde. ce texte est le seul que j'ose montrer. il me plaît encore.)
La petite sœur et le grand frère sont entrain de bien s’amuser. Ils ont versé plein d’eau dans la terre, ont creusé un circuit dans la gadoue, s’en sont bien mis partout. Et maintenant, ils s’éclatent à la piétiner. Comme un fouet amalgamerait des œufs, de la farine et d’autres ingrédients pour en faire de la purée granulée, ils mitraillent la boue de leurs pieds nus.
C’est agréable, de la vraie thalassothérapie. Le jeune garçon éclabousse son nouveau bermuda avec un sourire niais. Mais soudain, une araignée énorme, comme une main hystérique, noire, velue, sort de la fange. Elle galope, sèche, intacte, les enfants ne la remarque que lorsqu’elle effleure le grand frère et que celui-ci émet un balbutiement. Il regarde sa cheville ; l’arachnide amorce une montée, elle grimpe les échelons de ses jambes, pénètre sous le pantacourt. Le jeune garçon ouvre sa gueule et hurle, grimace, tourne sur lui-même en éjectant de la terre sur sa sœur qui s’en fuit en pleurant. Il se tape les gambettes en gémissant, les larmes lui montent aux yeux, il se jette par terre et se roule dans le potage brunâtre afin d’aplatir l’araignée.
Plus loin, deux ou trois personnes passent, le regardent et le prennent pour un con.
Commentaires :
dwarfland 09-08-07
à 19:40 |
Re:je ne vois pas très bien le rapport entre ce défaut semantique et ce travers de société...
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à 12:13