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dwarfland


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Non ! car dwarfland ne saurait périr ! Le soubresaut n'était pas ultime et j'attisais votre attention par quelque bonus tiré des oubliettes où s'accroupissent mes rinçures. dwarfland, pierre de touche dont nous allons bientôt saluer l'entame quatrième d'une saison, que dépaysera la translation lutétienne du maître allant puiser des pleurs au Styx, vous réserve encore bien des décharges : amour-propre, dédain et contingence pour vos mirettes émues. (Las ! Opposons une trêve salutaire à la bombance là.)

Je n'ai rien d'original à dire sur la question du départ. Mon bureau seul s'est soudainement dégarni ; mes bibliothèques résistent à l'hécatombe et j'en rempaille les interstices avec minutie. Emporter tous les livres qu'a priori je réunissais dans l'intention servile de m'en servir ne me sera pas possible. Tant pis ! vers le bonheur d'autres m'entraîneront, qui Mallarmé, qui Ponge. J'emporte mon tee-shirt Obama, un beau prétexte pour mentir et dire que je suis Américain. 

Ma petite soeur va grandir. Hier soir encore je m'en rendais compte, à son rire, à ses convulsions, aux accents étranges qu'elle module parfois en se tordant. Déjà j'en vois les signes, ténus, dans le fait qu'elle se maquille et qu'en cet honneur un miroir figure sur sa bibliothèque, hospitalario y fiel, dirait Banchs. Mais cet apparat reste en fin de compte apparence, lubie, mimétisme, et surtout elle s'oublie. Je donne un an à cette enfance encore avant que le corps ne s'en mêle, et je ne la verrai pas grandir. Adieu aux danses absurdes à l'orée de mon piano et aux surnoms dingues psalmodiés à l'oreille du chat roux.

Depuis tout à l'heure j'essaie intentionnellement de parler de moi. Chose qui m'est peu coutumière, en règle générale et sur ce blog en particulier, paradoxalement. Depuis des mois, des années je n'ai plus dit grand chose sur mon compte : j'ai publié la description de scènes brèves, des nouvelles laissées en jachère, des histoires drôles qui n'ont déridé d'autre que moi, des citations, non pas dans l'intention d'édifier, mais parce que je n'avais pas d'autre place pour les recueillir. Pourtant je me rappelle qu'à ces débuts ce blog était conçu comme tel : espace d'impressions plus que de compte-rendus monotones car quotidiens, plus ou moins stylisés, quoiqu'écrire alors me causait une jubilation que j'ignore désormais : oui, je jubilais, arraché par la décharge qui animait ma phrase, tandis qu'aujourd'hui je m'astreins à un effort vague qui me cause déplaisir et à la relecture, déception, au contraire de mes vieux textes. Ce soir, par exemple, est l'incarnation douloureuse du bâton qui parfois se loge dans mon cul. On n'en tirera rien. 

Commentaires :

  S.
07-09-08
à 13:02

l'incarnation douloureuse du bâton qui parfois se loge dans mon cul

On dirait du SM :'(
C'était fait exprès ?



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