Que si je passe mes jours à tourner les pages je ne saurai m'endormir : où trouver les ressources, la substance à l'apport du rêve apte, en un mot où puiser ? J'ai scruté les endormissements : le corps s'est tassé et l'esprit perd pied, le contrôle lui échappe, les pensées se délient et d'elles-mêmes se trament. Parfois une brèche s'ouvre et je me légèrement soulève : j'ai vu. J'ai donné l'impulsion et le rêve a emboîté le pas, dévié, anacoluthe dévoyée. Mais comment broder lors en l'absence de linge sale ? Que si je passe mes jours à tourner les pages je ne saurai plus m'endormir : l'insomnie me punit de n'avoir pas vécu.
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Le rêve est l'envers, dit-on. L'envers suppose l'endroit qui néant ne peut laisser place à rien, "de nihilo quoniam nihil fieri posse videmus" (Lucrèce).
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Pourvu de peu, c'est le peu qu'il amène. Le reste de la nuit se passe, non à l'attendre, mais à le mendier.