Vendredi 27 Juin 2008
Alltagskram
Am Morgen beim Aufwachen höre ich immer die Geknatter des Briefträgersmotorrads, der in dem Viertel auf und ab geht. Ich stehe auf und setze mich an den Schreibtisch, um lange Vokabularlisten auswendig zu lernen. Von Englisch zu Deutsch gehe ich ohne zu mucksen über. Dann gehe ich die Treppe bis zum Keller hinunter : ich öffne den Kühlschrank und ziehe einen Mokkajoghurt daraus, den ich rasch esse, nachdem ich hinauf zurückgegangen bin.
Ich wohne in der Nähe eines Parks, in dem Leute sich jeden Tag treffen, um Schlaginstrumente zu spielen. Indem sie unbegreiflichen Beschwörungen brummen, schlagen sie die Trommeln so heftig, dass die von diesem Getöse erschütterte Nachbarschaft dumpf dröhnt und schwingt. Ich sehe ihnen nicht. Ich schliesse das Fenester, dessen Scheibe von dem Heidenlärm trotzdem durchgebohrt ist.
Am Abend ist es das selbe Ding. Unvollen Leute suchen den Park heim, um sich vorzumachen, dass das Grab ihrer Losigkeit durch Schreie und Lärm zugeschüttet werden kann. Sie trinken, singen, brüllen, graben das Leere der Nacht.
Vendredi 20 Juin 2008
amorphe
Que si je passe mes jours à tourner les pages je ne saurai m'endormir : où trouver les ressources, la substance à l'apport du rêve apte, en un mot où puiser ? J'ai scruté les endormissements : le corps s'est tassé et l'esprit perd pied, le contrôle lui échappe, les pensées se délient et d'elles-mêmes se trament. Parfois une brèche s'ouvre et je me légèrement soulève : j'ai vu. J'ai donné l'impulsion et le rêve a emboîté le pas, dévié, anacoluthe dévoyée. Mais comment broder lors en l'absence de linge sale ? Que si je passe mes jours à tourner les pages je ne saurai plus m'endormir : l'insomnie me punit de n'avoir pas vécu.
*
Le rêve est l'envers, dit-on. L'envers suppose l'endroit qui néant ne peut laisser place à rien, "de nihilo quoniam nihil fieri posse videmus" (Lucrèce).
*
Pourvu de peu, c'est le peu qu'il amène. Le reste de la nuit se passe, non à l'attendre, mais à le mendier.
Jeudi 12 Juin 2008
scham
Dire
"l'an prochain je vais étudier les lettres à Paris" après un oral tel.
Toute honte bue.
Dire "merci pour votre lettre qui a sans doute contribué à mon acceptation." Lettre où j'étais dit presque bilingue.
Après un tel oral.
Jusqu'à la lie.
Heureusement que je suis tramé de lassitude et d'indifférence au fond. J'aurais été capable d'en chialer. Sur place.
Mardi 10 Juin 2008
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"En un instant, il vit défiler toute sa vie devant ses yeux."
Même cet instant ?
Jeudi 05 Juin 2008
antigone : traduction personnelle (début)
Ἀντιγόνη
ὦ κοινὸν αὐτάδελφον Ἰσμήνης κάρα,
ἆρ᾽ οἶσθ᾽ ὅ τι Ζεὺς τῶν ἀπ᾽ Οἰδίπου κακῶν
ὁποῖον οὐχὶ νῷν ἔτι ζώσαιν τελεῖ;
οὐδὲν γὰρ οὔτ᾽ ἀλγεινὸν οὔτ᾽ ἄτης ἄτερ
οὔτ᾽ αἰσχρὸν οὔτ᾽ ἄτιμόν ἐσθ᾽, ὁποῖον οὐ 5
τῶν σῶν τε κἀμῶν οὐκ ὄπωπ᾽ ἐγὼ κακῶν.
καὶ νῦν τί τοῦτ᾽ αὖ φασι πανδήμῳ πόλει
κήρυγμα θεῖναι τὸν στρατηγὸν ἀρτίως;
ἔχεις τι κεἰσήκουσας; ἤ σε λανθάνει
πρὸς τοὺς φίλους στείχοντα τῶν ἐχθρῶν κακά; 10
Ἰσμήνη
ἐμοὶ μὲν οὐδεὶς μῦθος, Ἀντιγόνη φίλων
οὔθ᾽ ἡδὺς οὔτ᾽ ἀλγεινὸς ἵκετ᾽ ἐξ ὅτου
δυοῖν ἀδελφοῖν ἐστερήθημεν δύο,
μιᾷ θανόντοιν ἡμέρᾳ διπλῇ χερί·
ἐπεὶ δὲ φροῦδός ἐστιν Ἀργείων στρατὸς 15
ἐν νυκτὶ τῇ νῦν, οὐδὲν οἶδ᾽ ὑπέρτερον,
οὔτ᾽ εὐτυχοῦσα μᾶλλον οὔτ᾽ ἀτωμένη.
ANTIGONE
Ô visage fraternel de commune origine, Ismène
De tous les maux qui nous sont venus d'Oedipe, en sais-tu un
Qui nous aura été épargné par Zeus, encore bien vivantes ?
Rien, il n'est pas une souffrance, un malheur,
Une honte ni une infamie que je ne puisse
Compter au nombre des maux tiens et miens.
Aujourd'hui encore, quelle est donc cette proclamation dont on parle,
Faite récemment par le stratège à la cité entière ?
Sais-tu ou as-tu entendu quelque chose ? Ou à toi
Se dérobent les maux ennemis qui sur nos amis s'avancent ?
ISMENE
Pas un murmure ne m'est parvenu, Antigone,
Rien d'agréable ni de douloureux à leur sujet
Depuis que nous deux sommes privées de nos deux frères,
Morts en un seul jour d'un coup réciproque ;
Depuis que l'armée des Argiens s'est mise en route
Cette même nuit, je ne sais rien de plus,
Qui puisse me réjouir ou m'attrister.
Mardi 03 Juin 2008
zéro (2/2)
Rien, cette écume, vierge vers
A ne désigner que la coupe
HOLY SHIT !
Lundi 02 Juin 2008
vingt-quatre (1/2)
J'ai introduit une donnée autre dans ma vie.
Samedi 24 Mai 2008
conrad
""Il me semble que j'essaye de vous raconter un rêve - et que ma tentative est vaine, parce que aucun récit de rêve ne peut rendre la sensation du rêve, ce mélange d'absurdité, de surprise, d'ahurissement dans un tremblement de révolte acharnée, cette sensation d'être en proie à l'incroyable, qui est l'essence même du rêve."
Il garda un moment le silence.
"... Non, c'est impossible. Il est impossible de rendre la sensation vécue d'une époque donnée de l'existence, ce qui en fait la vérité, la signification, l'essence subtile et pénétrante. C'est impossible. Nous vivons comme nous rêvons - seuls...""
pp.274-275
"Je me souvins du vieux médecin : "Il serait intéressant pour la science de suivre sur place les modifications mentales de l'individu..." Je sentis que je commençais à devenir scientifiquement intéressant."
pp.266-267
"Nous cessâmes et le silence qu'avait dispersé le battement de nos pieds à nouveau reflua vers nous. La haute muraille de verdure, une masse exubérante et enchevêtrée de troncs, de branches, de feuillages, de rameaux, de guirlandes, immobile dans le clair de lune, était pareille à une impétueuse avalanche de vie muette, une vague végétale, dressée, toute prête à déferler sur la crique et à balayer de leur petite existence les pauvres petits hommes que nous étions."
p.278
"Nous étions coupés de toute compréhension de ce qui nous entourait : nous glissions pareils à des fantômes, étonnés et secrètement épouvantés, comme le serait un homme sain au spectacle d'une émeute enthousiaste dans un asile d'aliénés. Nous ne pouvions pas comprendre, parce que nous étions trop loin et nous ne pouvions pas nous rappeler, parce que nous voyagions dans la nuit des premiers âges, de ces âges qui ont passé en laissant à peine une trace et pas de souvenirs."
p.285
Coeur des ténèbres, Joseph Conrad, Nouvelles complètes, Quarto Gallimard
Mardi 20 Mai 2008
§
Ayant le plaisir d'annoncer qu'aujourd'hui une des forme de l'enfer a pris fin, je suis... Toute la journée j'ai trimbalé le vers de Mallarmé : "Une sonore, vaine et monotone ligne." Je portais un polo bleu, un gilet gris ("pépé") et un pantalon beige. M'étant fait dire que j'avais le sang bleu, j'ai été chargé d'ouvrir le champagne. Maintenant j'attends certaines échéances. 03 juin, 18 juin, 10 juillet, et ce mois fameux de septembre.
Mardi 13 Mai 2008
textes essentiels
Borges a dit quelque part que l'univers lui paraîtrait inconcevable sans l'exclamation de Poe : "Ah ! bear in mind this garden was enchanted". Ici j'aimerais faire pareil : recenser les textes (les mots, tel passage, un vers, un chapitre) qui, sinon à l'univers, du moins à moi-même sont consubstantiels, qui ont déposé leur empreinte en moi pour toujours. Je l'actualiserai régulièrement (comme
cette liste). Comme encore je ne sais pas trop ce que je cherche, ou si certaines entrées sont vraiment valables, je dresse deux listes : l'une, certaine, l'autre possible.
- L'esprit de perversité,
in Le chat noir, Poe
- Dupin devinant à quoi pense le narrateur de Double assassinat dans la rue Morgue, Poe
- L'Après-midi d'un faune, Mallarmé ("le jonc vaste et jumeau dont sous l'azur on joue")
- Texte sur les Nymphéas de Monet, in City, Alessandro Baricco
- La comparaison de Homère, in L'Odyssée, chant V : De même qu'aux confins d'un champ, où il est sans voisins, un homme cache le tison sous de la cendre noire, pour garder le germe du feu et l'avoir toujours prêt : de même Ulysse était caché sous son tapis de feuilles.
- Introduction au galet, Francis Ponge
Samedi 03 Mai 2008
dream
"I have had a dream, past the wit of man to say what dream it was." (Bottom)
A Midsummer Night's Dream, Acte 4, scène 1, Shakespeare
"I say to you today, my friends, even though we face the difficulties of today and tomorrow, I still have a dream. It is a dream deeply rooted in the American dream.
I have a dream that one day..."
Martin Luther King, 28 août 1963
Mardi 22 Avril 2008
minute
mĭnūtē, adv. : - 1 - en petits morceaux, en petites parcelles. - 2 - en détail, minutieusement, scrupuleusement. - 3 - petitement, mesquinement.
- minutius concidere, Cic. : mettre en menus morceaux.
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