salut... je suis rentré. dans le train, il se passait plein de choses dans ma tête. je lisais les enfants tanner que j'avais acheté le jour même et que j'avais commencé dans la gare, devant un café qui coûtait 2,40€. livre génial, que je lisais bout par bout, interféré que j'étais par d'autres pensées, te concernant, concernant T. dont alice m'avait chanté la méchanceté ; j'avais envie, comme Simon dans le livre, de chercher du travail et de le quitter après quelques jours d'essai dans une vaste tirade - que j'avais envie d'apprendre par coeur, j'avais envie de faire des trucs dingues pour t'impressionner et pouvoir enfin te raconter quelque chose, à cela se mêlait un désir de méchanceté (T.) et de mal tourner (T.) et de vivre des aventures (Simon, toi, T.), c'était dingue ce qui m'arrivait, je bouillonnais de désirs, j'élaborais des plans, j'avais très envie d'être très féroce envers les gens-de-tous-les-jours, d'envoyer chier cette dernière année de lycée qui me guette et m'ennuie d'avance, d'aller au théâtre tous les jours,
j'ai franchi la douane. ma petite soeur m'attendait et ma belle volonté s'est fendue d'un sourire. plus loin, mon frère, ma mère, je savais que tant qu'ils étaient là, rien n'arriverait de mal, d'ailleurs dans inland empire, il est dit, "a little boy went out to play", toujours en anglais il est dit que "lorsqu'il franchit le seuil", "evil was born", "evil was born and followed the boy", voilà
je ne me sens que pour les longues phrases, et les fins en forme de virgules,
bon. donc, ce seuil, où est-il ? je suis rentré. j'ai tout de suite défait ma valise. depuis, je dors énormément, des nuits de douze heures, plus plusieurs siestes durant le jour, j'essaie de lire, je n'arrive pas, mon lecteur refuse de me passer mulholland drive, ce n'est qu'à l'instant que je parviens à t'écrire, alors que le désir m'en était venu dimanche soir, je vais te raconter
je suis arrivé chez ces gens, très gentils, qui m'ont servi un carpaccio de boeuf succulent et avaient vue sur les toits de paris, ensuite, je me suis promené dans le vingtième, je descendais la rue de ménilmontant qui avait des relents d'avignon avec tous ces bars, un groupe jouait du jazz, un mendiant m'accoste, un chat dans une vitrine, vivant, si si, et là juste là j'avais très envie de t'écrire, plein de pensées, de phrases, si seulement j'avais eu de quoi écrire ! eh non. depuis je n'ai rien su écrire. et puis je ne savais pas quoi. je me sens juste un grand vide. tous les projets élaborés dans le train, plouf plouf, au réveil. il faisait beau. j'ai dû déjeûner. tout reprenait, normalement, tranquillement, tout le monde était gentil, j'ai essayé de lire, sans succès. j'ai écouté vian ! je voulais aller au cinéma voir de vieux films toute la journée, je ne sais plus pourquoi, mais ils étaient muets, et j'aurais eu peur que mon ventre ne tonne soudain dans une salle vide. je m'endors très tôt le soir. je lis le théâtre de gombrowicz mais c'est mieux en salle. je repars vendredi. to be continued... could be continued. je ne sais pas, je suis dans l'attente, la passivité la plus complète... et je me souviens à nouveau de mes rêves.